Ma fille de 10 ans se dirigeait directement vers la salle de bain dès qu’elle rentrait de l’école. Comme je l’ai demandé “ » Pourquoi prenez-vous toujours un bain tout de suite? »elle a souri et a répondu “ » J’aime juste être propre.

Elle leva les yeux, rouge et fatiguée. « Va-t-il revenir ? »

 

« Non », ai-je dit — et cette fois, je le pensais vraiment. « Il ne peut pas. »

L’affaire a rapidement évolué. Un parent s’est manifesté, puis un autre. Le schéma est devenu indéniable : le prétexte de « l’hygiène », les menaces, l’isolement. M. Keaton a été arrêté pour attouchements et coercition. L’établissement a mis en place de nouvelles règles de surveillance, un système d’accompagnement aux toilettes et une formation obligatoire au signalement — des mesures qui auraient dû être appliquées depuis longtemps, mais qui le sont désormais.

 

Sophie a commencé une thérapie. Certains jours étaient plus faciles, d’autres plus difficiles. Elle dessinait des images d’elle-même debout derrière une porte verrouillée, avec un énorme cadenas portant l’inscription « MAMAN ». Je garde ce dessin sur ma table de chevet pour me rappeler ce qu’est vraiment mon rôle.

 

Et pour être honnête, je repense encore à cette canalisation. À quel point j’ai failli ignorer un problème récurrent parce qu’il était plus facile de me dire : « J’aime juste que ce soit propre. » Parfois, le danger ne se manifeste pas bruyamment. Parfois, il se répète silencieusement.

 

Alors si vous lisez ceci, je voudrais vous poser une question en douceur : quel petit changement dans le comportement d’un enfant vous inciterait à vous arrêter et à regarder de plus près ? Sans paniquer, mais sans non plus l’ignorer ?

 

Partagez vos réflexions. Des conversations comme celle-ci aident les adultes à repérer plus tôt les schémas comportementaux — et parfois, c’est justement cette vigilance qui assure la sécurité d’un enfant.

 

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