Elle leva les yeux, rouge et fatiguée. « Va-t-il revenir ? »
« Non », ai-je dit — et cette fois, je le pensais vraiment. « Il ne peut pas. »
L’affaire a rapidement évolué. Un parent s’est manifesté, puis un autre. Le schéma est devenu indéniable : le prétexte de « l’hygiène », les menaces, l’isolement. M. Keaton a été arrêté pour attouchements et coercition. L’établissement a mis en place de nouvelles règles de surveillance, un système d’accompagnement aux toilettes et une formation obligatoire au signalement — des mesures qui auraient dû être appliquées depuis longtemps, mais qui le sont désormais.
Sophie a commencé une thérapie. Certains jours étaient plus faciles, d’autres plus difficiles. Elle dessinait des images d’elle-même debout derrière une porte verrouillée, avec un énorme cadenas portant l’inscription « MAMAN ». Je garde ce dessin sur ma table de chevet pour me rappeler ce qu’est vraiment mon rôle.
Et pour être honnête, je repense encore à cette canalisation. À quel point j’ai failli ignorer un problème récurrent parce qu’il était plus facile de me dire : « J’aime juste que ce soit propre. » Parfois, le danger ne se manifeste pas bruyamment. Parfois, il se répète silencieusement.
Alors si vous lisez ceci, je voudrais vous poser une question en douceur : quel petit changement dans le comportement d’un enfant vous inciterait à vous arrêter et à regarder de plus près ? Sans paniquer, mais sans non plus l’ignorer ?
Partagez vos réflexions. Des conversations comme celle-ci aident les adultes à repérer plus tôt les schémas comportementaux — et parfois, c’est justement cette vigilance qui assure la sécurité d’un enfant.
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