Je n’ai pas haussé le ton. Je n’ai pas discuté. J’ai simplement dit que le service n’était pas à la hauteur. Puis je me suis levé et je suis sorti.
Sur le chemin du retour, j’étais partagé. Une partie de moi se demandait si j’avais exagéré. Une autre partie savait que non. Ma copine et moi n’avons pas insisté sur le restaurant. Nous avons plutôt parlé de respect : comme il est facile de l’oublier, comme il compte discrètement. Nous étions d’accord pour dire que des moments comme celui-ci révèlent qui nous sommes, non pas parce qu’ils sont dramatiques, mais parce qu’ils mettent nos limites à l’épreuve.
Le lendemain après-midi, mon téléphone a sonné. C’était le gérant du restaurant.
Il m’a expliqué qu’ils avaient examiné la situation et qu’il souhaitait entendre ma version. Je lui ai raconté calmement ce qui s’était passé, sans colère ni accusation. À ma grande surprise, il s’est excusé sincèrement. Il a reconnu que le comportement du serveur avait été inapproprié et m’a remercié d’avoir pris la parole.
Cet appel ne m’a pas donné l’impression d’une victoire. C’était plutôt un soulagement.
Ce dîner ne s’est pas déroulé comme prévu. Mais cela m’a laissé quelque chose de plus précieux qu’une soirée parfaite : le rappel que la dignité ne requiert pas de confrontation, seulement de l’honnêteté, et que le respect, une fois perdu, coûte bien plus cher que n’importe quelle facture.
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